Philosophie citoyenne Transmettre
XXI. La laïcité d’apaisement
La laïcité n’est pas une neutralité tiède : c’est une hospitalité exigeante.
Ferme sur la règle, généreuse avec les personnes : la loi commune ne se négocie pas, et aucune croyance n’est combattue. Une laïcité réussie se juge sur ce qu’elle laisse aux enfants, non sur les polémiques qu’elle alimente.
La laïcité est devenue le mot le plus utilisé et le moins tenu de notre vie publique. Les uns en font une arme contre une religion, les autres un motif de renoncement permanent. Entre les deux, l’immense majorité des Français ne demande qu’une chose : vivre en paix, sans avoir à choisir un camp.
Je défends une laïcité d’apaisement, ferme sur la règle et généreuse avec les personnes. Ferme, parce que la loi commune ne se négocie ni au cas par cas, ni sous la pression, ni selon les quartiers : c’est ce qui protège les plus fragiles, et d’abord les femmes et les enfants. Généreuse, parce qu’elle ne combat aucune croyance : elle garantit à chacun la liberté de croire, d’en changer et de n’en avoir aucune. Elle n’est pas une neutralité tiède qui demanderait à tous de s’effacer ; elle est un espace commun où l’on entre entier.
Sa mesure, ici comme ailleurs, est générationnelle : une laïcité réussie transmet aux enfants une paix civile plutôt qu’une dette de ressentiment. Je la juge sur ce qu’elle laisse, non sur les polémiques qu’elle alimente. Et elle s’enseigne mal par les lois, bien par l’expérience : à l’école, au club sportif, dans l’association, partout où l’on découvre que l’on peut tenir ensemble sans penser pareil.
La laïcité n’est pas une neutralité tiède : c’est une hospitalité exigeante.