Philosophie citoyenne Contribuer
IX. La démocratie contributive
Un citoyen qui comprend, participe, évalue et transmet n’est plus un électeur : il est un acteur.
La démocratie contributive ne remplace pas la démocratie représentative : elle la nourrit. Encore faut-il que la participation soit intelligible, utile et reliée à une responsabilité identifiée.
La participation citoyenne est aujourd’hui soit décorative, soit soupçonnée de vouloir remplacer le vote. Les deux impasses se nourrissent l’une l’autre, et le citoyen finit par se retirer.
Je le dis nettement : la démocratie contributive ne remplace pas la démocratie représentative, elle la nourrit. La contribution citoyenne ne vaut que si elle est intelligible, utile et reliée à une responsabilité identifiée ; sans cela, elle produit de la déception, c’est-à-dire de la défiance supplémentaire. J’en propose l’outil : un compte de contribution citoyenne, qui enregistre ce que chacun apporte à la vie commune et lui donne une existence publique.
Encore faut-il s’entendre sur ce mot. La contribution citoyenne n’est pas un avis déposé dans une consultation, ni un vote de plus : c’est tout ce qu’une personne apporte à la vie commune et qui ne figure sur aucune fiche de paie. Le temps donné à une association, l’accompagnement d’un proche, l’encadrement d’une équipe de jeunes, la mémoire d’un métier transmise à un apprenti, le mandat local exercé le soir après le travail : autant d’apports réels, dont la Nation dépend et qu’elle ne sait ni voir ni reconnaître. Contribuer, dans la philosophie citoyenne, se décline en quatre gestes que le citoyen peut tenir toute sa vie : apporter ce qu’il sait faire, évaluer ce qui a été décidé en son nom, alerter quand une décision manque les objectifs visés, et relier ceux que les institutions traitent séparément.
C’est ici le deuxième pilier de la Philicratie annoncée plus haut : une démocratie qui demeure représentative, mais que la contribution rend vivante. Après l’intelligibilité, qui permet de comprendre, vient la contribution, qui permet d’agir ; la transmission viendra ensuite.
Un citoyen qui comprend, participe, évalue et transmet n’est plus un électeur : il est un acteur.
Objections bienvenues.
Écrire à l'Institut