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Institut du Philigénisme

Philosophie citoyenne Transmettre

XV. Familles, parentalité et désir d’avenir

On ne fait pas d’enfants dans un pays qui a cessé de croire à demain.

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Le coût du logement et le prix des crèches expliquent une part de la baisse de la natalité, et une part seulement. Le désir d’enfant mesure la confiance dans l’avenir : une natalité qui recule est un diagnostic avant d’être un problème démographique.

On explique la baisse de la natalité par le coût du logement, le prix des crèches ou la carrière des femmes. Tout cela est vrai et tout cela est second. La vraie raison, personne n’ose la nommer : de plus en plus de gens n’osent plus transmettre un monde auquel ils ne croient plus.

C’est de là que vient une grande part du Philigénisme tout entier. Le désir d’enfant est le premier indicateur politique d’un pays, parce qu’il mesure directement la confiance dans l’avenir : on ne fait pas d’enfants pour un monde que l’on juge perdu. Une natalité qui recule n’est pas d’abord un problème démographique à corriger par des primes, c’est un diagnostic de civilisation. Aucune aide ne rendra à un couple l’envie de transmettre si le récit collectif qu’on lui propose se résume à une dette, un climat et une querelle.

J’en tire une exigence concrète, que je porte depuis des années : la parentalité doit devenir une politique publique à part entière, non un supplément social distribué au guichet. Devenir parent est le seul métier que la Nation confie sans formation, sans accompagnement et sans droit à l’erreur, alors qu’il conditionne tous les autres. Soutenir la trajectoire développementale de l’enfant pour lui permettre d’accéder à son plein potentiel. Soutenir les parents dès avant la naissance, reconnaître un droit au répit, former des professionnels de la parentalité, accompagner les séparations : ce sont des mesures de prévention au sens strict, dont le rendement se compte sur trente ans en enfants qui n’ont pas décroché.

On ne fait pas d’enfants dans un pays qui a cessé de croire à demain.

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