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Institut du Philigénisme

Philosophie citoyenne Choisir

VI. La souveraineté ouverte

Un peuple qui ne maîtrise plus ses moyens ne choisit plus son avenir : il le commente.

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Ni le repli, qui protège en coupant du monde, ni la dissolution, qui ouvre en privant de moyens. La souveraineté ouverte est la capacité d’un peuple à tenir ses propres promesses sans se fermer.

On nous somme depuis quarante ans de choisir entre deux impasses : le repli, qui prétend nous protéger en nous coupant du monde, et la dissolution, qui prétend nous ouvrir en nous privant de nos moyens. Les deux aboutissent au même point, un pays qui ne décide plus de lui-même.

J’appelle souveraineté ouverte la capacité d’un peuple à tenir ses propres promesses sans se fermer au monde. Elle se vérifie dans cinq registres très concrets. La souveraineté identitaire : une langue, une culture, une mémoire, un récit commun, qui ne s’imposent pas mais s’offrent. La souveraineté matérielle : l’énergie, l’alimentation, l’eau, la santé, les matériaux, l’industrie, tout ce dont l’absence se paie en quelques jours. La souveraineté du progrès, qui décide si nous restons un pays qui conçoit ou un pays qui achète. La souveraineté de défense, qui protège les trois autres et sans laquelle elles ne sont que des intentions. L’échelle enfin, car aucune nation seule ne tient ces lignes : je crois à une Europe des nations fédérées, souveraine de ce qu’elle décide en commun, et non à un empire administratif qui déciderait à notre place.

Si j’insiste, c’est que la souveraineté n’est pas ici un mot d’identité, mais une condition de la philosophie citoyenne tout entière. Un pays qui ne maîtrise plus son énergie ne laisse pas ses citoyens choisir : il leur annonce les prix. Un pays qui a perdu ses usines ne leur permet plus de contribuer : il leur propose de se reconvertir dans le vide. Un pays qui n’a plus la main sur ses technologies ne transmet rien à ses enfants, sinon une dépendance. L’ouverture n’a de sens que pour qui possède quelque chose à échanger.

Un peuple qui ne maîtrise plus ses moyens ne choisit plus son avenir : il le commente.

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