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Institut du Philigénisme

Philosophie citoyenne Transmettre

XVII. L’économie de transmission

Une richesse qui ne se transmet pas n’est qu’une avance prise sur nos enfants.

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Nous savons dire ce qu’une activité rapporte, pas ce qu’elle laisse. Un second critère s’ajoute à la rentabilité immédiate, sans la supprimer : que laisse cette activité à ceux qui viennent ?

Nous savons dire ce qu’une activité rapporte ; nous ne savons pas dire ce qu’elle laisse. La rentabilité immédiate est ainsi devenue le seul critère qui compte vraiment, et nous avons pris l’habitude d’appeler cela de la rigueur.

Je propose donc un second critère, à côté de la rentabilité immédiate : que laisse cette activité à ceux qui viennent ? Il ne supprime pas le premier, et je récuse d’avance le procès en naïveté : une activité qui ne gagne pas d’argent ne transmet rien, puisqu’elle disparaît. Mais celle qui ne fait que gagner de l’argent en épuisant ses hommes, ses savoir-faire et ses sols prélève sur l’avenir ce qu’elle inscrit au présent. La comptabilité de transmission ajoute au bilan ce qu’aucun bilan ne porte : compétences formées, savoir-faire conservés, état des ressources, solidité des liens, dette laissée ou capacité léguée. Le coût évité en est le pendant : l’atelier qui n’a pas fermé, la compétence qui n’a pas quitté le pays. J’appelle activités transmissives celles qui acceptent d’être jugées sur ce second critère.

Une richesse qui ne se transmet pas n’est qu’une avance prise sur nos enfants.

Proposer un cas d’activité transmissive au comité éditorial.

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