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Institut du Philigénisme

Philosophie citoyenne Contribuer

VIII. L’interdépendance responsable

On ne contribue pas parce qu’on est utile : on devient utile parce qu’on nous a permis de contribuer.

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Le mythe de l’autonomie absolue est confortable et faux : personne ne se construit seul. Ce qui compte n’est pas l’âge, mais les passages — de l’école au travail, de l’activité à la retraite, de l’autonomie à la dépendance.

Notre époque célèbre l’individu qui ne doit rien à personne. La fiction est confortable : elle dispense de rendre des comptes à ceux qui nous ont portés, et elle dispense de porter quiconque à notre tour.

Je combats le mythe de l’autonomie absolue parce qu’il est simplement faux : personne ne se construit seul, et ceux qui le croient oublient tout ce qu’ils ont reçu. Familles, associations, voisins, enseignants, entrepreneurs et élus tiennent la même chaîne de sécurité, souvent sans le savoir. C’est ce que j’appelle l'interdépendance responsable : le lien n’est pas un supplément d’âme, c’est une infrastructure civique, et elle s’entretient.

Cette chaîne se tient à tous les âges : l’enfant contribue en devenant capable, l’adolescent en s’engageant, l’adulte par son travail et ses initiatives, l’aîné par son expérience et ce qu’il transmet. Ce qui m’intéresse pourtant, ce ne sont pas les âges, ce sont les passages : de l’école au travail, de l’activité à la retraite, de l’autonomie à la dépendance. C’est là que les sociétés perdent leurs citoyens, et là que la puissance publique arrive presque toujours trop tard. Deux mesures suffisent souvent : un droit au répit pour ceux qui accompagnent un proche, et un temps de coordination reconnu et rémunéré pour ceux dont le métier est de relier.

On ne contribue pas parce qu’on est utile : on devient utile parce qu’on nous a permis de contribuer.

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