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Institut du Philigénisme

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XVIII. L’écologie du vivant

La question écologique n’est pas seulement ce que nous consommons, c’est ce que nous laissons habitable.

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Ni culpabilité ni renoncement : une écologie de la responsabilité. L’eau, les sols, l’air, les forêts et la biodiversité ne sont pas des ressources à consommer, mais des biens reçus, à rendre en état.

L’écologie s’est enfermée dans un dilemme : culpabiliser ou renoncer. Ni l’un ni l’autre ne dit ce que nous devons au vivant, ni ce que nous devrons en rendre.

Mon écologie n’est ni une écologie de la culpabilité, ni une écologie du renoncement : c’est une écologie du vivant, une écologie de la responsabilité. Elle ne se contente pas de réduire les impacts, elle interroge les conditions mêmes de la vie future. L’eau, les sols, l’air, les forêts et la biodiversité ne sont pas des ressources à consommer : ce sont des biens reçus, que nous devons rendre en état. D’où l’exigence de sobriété juste : l’effort demandé doit être proportionné aux moyens de chacun, faute de quoi il ne sera jamais consenti.

Cette exigence appelle un responsable, et je refuse d’en créer un de plus : la France compte déjà plus de quatre cents opérateurs de l’État, et chaque problème nouveau y a produit une structure plutôt qu’une décision. Je ne propose donc aucune agence du vivant, mais la fusion de l’Office national des forêts et de l’Office français de la biodiversité en un Office national des forêts et du vivant. Les mêmes forêts, les mêmes sols, les mêmes agents sur le même terrain, et pourtant deux tutelles, deux budgets, deux calendriers.

Cette fusion n’est pas une addition d’organigrammes, c’est un changement de critère : le nouvel établissement serait jugé non sur les mètres cubes mobilisés, mais sur ce qu’il rend, l’état des sols, la ressource en eau, le renouvellement des forêts, la biodiversité transmise. J’y mets une condition : une fusion ne doit jamais servir de prétexte à une saignée d’effectifs, car on ne confie pas le vivant à une administration que l’on affaiblit. Cet office agirait au plus près, dans chaque territoire d’Alliance Vivante, aux côtés des communes forestières et des agriculteurs.

La question écologique n’est pas seulement ce que nous consommons, c’est ce que nous laissons habitable.

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